Drapeau LibyeQue l’on cesse de se leurrer ; la révolution libyenne n’a strictement rien en commun avec celles survenues en Tunisie (voir article) ou en Égypte. Si les deux dernières sont en grande partie le résultat de manifestations et de grèves plus ou moins pacifiques — de la part des citoyens en tout cas —, la reconquête de la Libye par le peuple se fait à grand renfort de fusils d’assaut et de lances-roquettes. C’est une véritable guerre civile.

Le véritable problème se fera sentir lorsque le colonel Kadhafi aura été privé de son pouvoir, parce que cela arrivera tôt ou tard. Qui lui succèdera ? Comment empêcher que le pays sombre dans le chaos le plus total semé par une sanglante guerre de succession ? Combien de temps encore la Libye sera-t’elle gouvernée par un tyran, quel qu’il soit ?

Il n’existe en Libye aucun parti politique, d’opposition ou de majorité, pas la moindre constitution ou véritable gouvernement. Muammar Al-Kadhafi lui-même reconnaît qu’il n’a ni « rôle officiel » ni « responsabilité légale ». Et aucun mécanisme politique n’est prévu pour assurer la gérance du pays en cas de vide du pouvoir au sommet.

« Il n’y a aucun parti politique dans le pays depuis plus de quarante ans. La société civile n’existe pas, pas plus que l’idée de loyauté envers “l’état”. » Mustafa Fetouri (journaliste libyen) pour The National (Abou Dhabi).

Pour pouvoir aider la Libye, il faut en premier lieu la comprendre.

La Libye est un pays à forte identité tribale. Kadhafi n’est qu’un chef de clan, celui des Kadhafa. Les mouvement et actions pro-Kadhafi s’expliquent ainsi ; il s’agit avant tout de défendre l’honneur et les intérêts du clan, clan qui compte parmi ses alliés les Warfalla et les Misrata. Avec les Kadhfa ils composent un triangle qui a la Méditerranée pour base, la pointe s’enfonçant en profondeur dans le sud du pays. Des tribus « liées par le sang » dont la zone d’influence et d’action s’étend à toute la Libye et est appuyée par d’autres forces importantes.

Les forces révolutionnaires elles-même, bien que semblant motivées par des griefs plus que légitimes, sont constituées de tribus héréditairement ennemies du clan des Kadhafa et de ses alliés. Ce combat pour la Liberté n’est que le prétexte d’une énième guerre médiévale opposant quelques seigneurs rivaux.

La Libye, et les Libyens en particulier, ont cruellement besoin de Démocratie, c’est un fait. Mais il semble peu probable que cette pseudo-révolution soit en mesure de la leur apporter…

La communauté internationale en est-elle capable ?

« Ceux qui rejettent l’intervention occidentale n’ont rien d’autre à proposer aux Libyens que de mourir sous les coups de Kadhafi. » Hazem Saghieh pour Al Hayat (Londres).

Que les pays occidentaux restent immobiles face à la crise Libyenne, et l’on considère que les Droits de l’hommes ne sont que de belles paroles prétentieuses. Qu’ils prennent enfin la décision d’intervenir, et on les taxe de profiter de la faiblesse du pays pour laisser libre cours à leurs tendances colonisatrices en espérant tirer un quelconque avantage de l’aide octroyée. Soyons lucides ; ces deux accusations sont justes et fondées.

Pour exemple, la Tunisie ; la France a tout d’abord proposé son aide à Ben Ali en matière de répression policière des foules avant de saluer la réussite de l’entreprise du peuple tunisien enfin libéré. Les accords financiers avantageux avec le despotes étaient prioritaires et aujourd’hui il convient d’appuyer le nouveau gouvernement en place en espérant les conserver malgré l’image que nos politiques ont donné de la France.

La Libye sera-t’elle un nouvel Irak ? Tant que des forces militaires, qu’elles soient françaises, britanniques ou étasuniennes, ne poseront pas le pied sur le sol Libyen et que l’intervention internationale se limitera à une zone d’exclusion aérienne, cela ne devrait pas être le cas. Malheureusement les lancements de missiles effectués depuis les porte-avions stationnés en Méditerranée sont un premier pas vers l’invasion ; les patrouilles effectuées dans l’espace aérien libyen sont censées avoir pour but d’empêcher les bombardements et protéger ainsi les civils libyens. Tuer des civils serait-il une prérogative des États-Unis d’Amérique (ÉUA) que le colonel Kadhafi aurait outrepassé ?

Et le Moyen-Orient dans tout ça ? La Ligue arabe et le Conseil de coopération du Golfe ont supplié les pays occidentaux de venir en aide au monde arabe en s’impliquant dans la résolution de la crise libyenne, accepté la zone d’exclusion, appuyé la décision du Conseil de sécurité de l’ONU pour cette mission et promis leur soutient matériel et militaire pour son application. Puis se sont débinés et restent figés dans un immobilisme insultant pour pour le peuple libyen, et pire ; retournent aujourd’hui leur veste. Amr Moussa, chef de la Ligue arabe, après en avoir appelé au soutient des ÉUA et de ses alliés, critique leurs actions et se range du côté de Kadhafi. Cette faiblesse et cette hypocrisie est la source même de l’impérialisme néocolonialiste que ces pays là reprochent justement à l’Occident. Nos politiciens se contentent de profiter du bordel général pour détourner la révolution à leur avantage. Ce qui est, force est de le constater, bien humain.

« […] rappelons tout de même que les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne n’interviennent pas dans les affaires internationales en général, et arabes en particulier, pour défendre les droits de l’homme ou pour les beaux yeux des peuples : ils interviennent pour la défense de leurs intérêts. En l’espèce, le pétrole. » Extrait de Al-Youm Al-Sabee, journal cairote.

Pour preuve, nous ne sommes toujours pas intervenu en Côte d’Ivoire pour mater la répression de Gbagbo ; opération bien moins lucrative que la crise en Libye.

Mais où va le monde ? Je vous le demande. Et à celui qui me répondrait « dans ton cul », je lui ferais remarquer qu’au vu de la merde dans laquelle le monde se trouve, ça ne m’étonnerait pas que nous y soyons déjà.

Et parce qu’il faut bien rire un peu, je conclurais en citant Muammar Al-Kadhafi qui a demandé publiquement comme épitaphe sur sa tombe : « J’ai travaillé pour les autres. Je n’ai rien fait pour moi-même. »

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Article paru dans Lolita n° 2.


Internet est un allié formidable pour ceux qui se battent au nom de la Liberté, et sa courte — mais non moins riche — histoire l’a déjà maintes fois prouvé. Des dissidents chinois qui utilisent les réseaux anonymes de Freenet depuis des années pour communiquer et échanger en toute impunité au nez et à la barbe de la République populaire, aux plus récents révolutionnaires des pays du Maghreb qui se servirent, et se servent encore, de réseaux sociaux tels que Facebook ou Tweeter pour s’unir et organiser leurs actions au nom de la Démocratie, en passant par toutes ces organisations et associations qui luttent pour des causes diverses et variées, Internet est le média du XXIe siècle. Le média du peuple.

Et ceci, le gouvernement français l’a bien compris.

De tous temps les différents régimes en place dans le monde ont exercé un droit de véto et de censure sur les médias en activité. Jusqu’à l’avènement de la République démocratique, un écrit (livre, essai ou même poème) ne pouvait être publié sans avoir reçu l’aval express du monarque ou empereur en place, la presse d’opposition était officiellement inexistante et la diffusion d’idées contraires à la politique du régent était un délit passible de prison.

La France, et de nombreux pays du monde occidental à la suite de révolutions survenues aux XVIIIe et XIXe siècles, est un état de droit basé sur le principe de libertés fondamentales et leur droit inaliénable accordé à chaque individu sans distinction de race, de nationalité ou de religion. Une belle utopie, qui a connu bien des difficultés dans son application pratique, mais qui a fait la grandeur de ce pays comme étant la patrie des Droits de l’homme.

Aujourd’hui, Internet, bastion de la Liberté d’expression et de communication, cyber-espace immatériel de neutralité et d’échange, qui semblait jusqu’alors épargné par la censure et se faisait ainsi le vecteur d’une idéologie fondée sur le partage et la libre communication, est la cible de malversations politiques qui visent à restreindre le pouvoir et les libertés de ses utilisateurs. Un pouvoir que nos dirigeants rechignent à nous accorder et dont ils préfèrent jouir égoïstement en manipulateurs et profiteurs.

Et ceux-ci n’hésitent pas à fouler au pied la Constitution elle-même pour parvenir à leurs fins.

 

Le filtrage du Net est une pratique anticonstitutionnelle

Le 4e article de la Loi de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi) octroi, entre autres, à l’autorité administrative française le droit d’imposer aux fournisseurs d’accès à Internet le filtrage de sites Internet diffusant des images ou représentations de mineurs à caractère pornographique et ceci sans nécessiter le moindre contrôle ou accord d’un juge par décision de justice dans le cadre d’une procédure administrative légale.

Cette loi est en conflit avec la décision du Conseil constitutionnel considérant que « la liberté d’expression et de communication est d’autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l’une des garanties du respect des autres droits et libertés » et qu’en conséquence « les atteintes portées à l’exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l’objectif poursuivi ».

En effet, une simple autorité administrative peut-elle être détentrice d’un tel pouvoir de décision sans avoir à entamer la moindre procédure judiciaire et de plus prétendre bafouer le droit élémentaire qu’est celui de la liberté d’expression ? Cette censure arbitraire outrepasse le précepte fondamental de la séparation des pouvoirs que nous assure le principe de primauté du droit, pour offrir au gouvernement, dépositaire du pouvoir exécutif, la possibilité de s’émanciper des contraintes et limites imposées par l’existence du pouvoir judiciaire. Ce principe même est inconcevable dans un état de droit tel que la France.

 

Le filtrage du Net est inefficace dans le cadre de la lutte contre le trafic de la pédo-pornographie sur Internet

Outre le fait que les sites Internet pédo-pornographiques soient aujourd’hui extrêmement rares, sinon inexistants, et ne représentent qu’un infime et insignifiant pourcentage du commerce de la pornographie infantile en ligne, le filtrage ne représente pas une solution adaptée à la traque des personnes qui en sont clientes et des organisation responsables de sa production et de sa diffusion.

Les méthodes de contournement des filtres gouvernementaux sont nombreuses et aisément accessibles à l’internaute lambda. Il va donc sans dire que les diffuseurs de pédo-pornographie, passés maîtres dans l’utilisation des réseaux alternatifs isolés de l’Internet public, tiennent à la disposition de leurs clients des moyens technologiquement avancés qui garantissent leur anonymat. Il s’agit là de criminels organisés, dotés de moyens financiers importants et entourés de techniciens compétents, ce dont semble cruellement manquer le gouvernement français. Le filtrage est à la lutte contre le commerce de la pornographie infantile ce que la bicyclette est au poisson rouge ; parfaitement inutile.

« À l’heure où des millions de Chinois contournent sans soucis le système de filtrage le plus sophistiqué au monde, s’imaginer que les amateurs de pédo-pornographie ne feront pas de même avec le filtrage est une hérésie. » Fabrice Epelboin, anlalyse de An Insight into Child Porn.

Ne serait-il pas plus productif d’injecter les fonds destinés à l’application du filtrage du Net dans la traque de ces commerçants que mènent la Police, la Gendarmerie française et d’autres organisations internationales ? Et pourquoi ne pas simplement supprimer les-dits sites ainsi que l’a fait l’Allemagne en 2010 ? Procédé bien moins onéreux et bien plus rapide en terme d’efficacité ; sur Le contribuable apprécie peu de voir son argent jeté par les fenêtres. Et encore moins utilisé à des fins malhonnêtes à l’encontre de sa personne et de ses libertés.

« Les Russes ont construit depuis quatre ans des solutions complètes en prévision d’une arrivée massive du filtrage et afin de pérenniser leurs affaires. Cela n’empêchera pas les gouvernements européens de dépenser des sommes indécentes dans des systèmes, au mieux irrationnels, au pire destinés à surveiller les populations, pour éventuellement pouvoir les contrôler un jour. » Anonyme, An Insight into Child Porn.

 

Le filtrage du Net est une atteinte disproportionnée à l’exercice de la Liberté d’expression en comparaison de ses objectifs

« Au cas où ce ne soit toujours pas clair : la technologie n’est pas la solution pour lutter contre les contenus pédophiles. Aucun filtre, aucune censure et aucun système de surveillance ne peut y faire quoi que ce soit.
Avant de vous lancer tête baissée dans une escalade des moyens de surveillance et de filtrage, demandez vous contre qui ces armes sont destinées à être utilisées.
Réveillez-vous. Demain, il sera trop tard. » Anonyme, An Insight into Child Porn.

Toutes les dérives sont-elles autorisées au nom de la lutte contre ce pédophile qui représente aujourd’hui le mal absolu ?

Il semble à priori impossible d’empêcher le blocage de sites Internet parfaitement licites, qu’il s’agisse d’une erreur due à l’automatisation du procédé ou d’une décision arbitraire motivée par des raisons malveillantes de la part de l’autorité administrative ou de personnes pouvant influer sur les décisions. Dans les deux cas il s’agit incontestablement d’une atteinte illégitime à la liberté de communication en ligne, telle que l’ont subit des milliers de sites légaux en Australie en 2009 ou Wikipédia et l’ensemble des sites de la fondation Wikimédia au Royaume-Uni l’année précédente.

Ces dérives constituent une violation des droits et libertés garantis par la Constitution de la Ve République.

 

En conclusion

En vertu de la décision du Conseil constitutionnel, étant donné les importants risques de blocages abusifs et d’atteinte à la Liberté d’expression engendrés par l’application de l’article 4 de la LOPPSI qui permet à une autorité administrative seule de dresser la liste des sites à filtrer sans que ne soit prévue la moindre mesure judiciaire de contrôle — de manière donc anticonstitutionnelle — et de l’inefficacité prévisible de ce dispositif, le filtrage de sites pédo-pornographiques paraît être une mesure largement disproportionnée et ne peut, en conséquence, être appliquée. Les-dites raisons justifient la censure de cet article par le Conseil constitutionnel.

 

 

Sources et bibliographie

Article paru dans Lolita n° 1.


Marcel Vincent les a vu. Pour lui, tout a commencé alors qu’il quittait le site Internet de l’UMP. Tandis qu’il cherchait un raccourci vers eglise.catholique.fr, que jamais il ne trouva.

Cela a commencé par les recherches internet d’un homme que le manque de sexe avait rendu trop frustré. Cela a commencé par la décision de sa fille aînée de porter l’uniforme affriolant des louvettes.

Maintenant Marcel Vincent sait que les pédophiles sont là !

Mais heureusement qu’ils sont là mon bon Marcel. Nous n’avons plus de négresses à baiser. Plus de bougnoules pour balayer nos rues. Les youpins peuvent nous voler en toute impunité et on ne peut plus casser du pédé sans risquer un rappel à la loi. Que ferions ­nous sans les pédophiles ? Comment défouler la vindicte populaire, ou attiser la haine d’un peuple opprimé autrement qu’à l’encontre du gouvernement sans leur aide inestimable, bien qu’involontaire et contrainte ? Ils sont indispensables à notre société.

Un curé qui prône l’amour de son prochain ? Pédophile ! Un enseignant au programme scolaire marginal ? Pédophile ! Un père qui a obtenu la garde de ses enfants parce qu’il ne passe pas ses soirées à se saouler devant Dilemme ? Pédophile ! Un anarchiste qui défend le libre partage de la culture et du savoir ? Pédophile ! Un grand­-père trop radin sur l’héritage et trop câlin avec ses petits­-enfants qu’il ne voit qu’une fois par an ? Pédophile ! Un pédophile ? Néo­nazi ! Un politicien qui se soucie du bien ­être des Français ? Pédophile bien sûr !

Simple, rapide et efficace. Briser des vies, briser des vies… Comme vous y allez. Ils sont forcément coupables de quelque chose. Heureusement que l’on a pu niquer Daniel Cohn-­Bendit avec ça. Il prenait trop d’importance le con. Écolo oui, mais juste pour la forme. Et uniquement si ça rapporte du fric. Et le filtrage du Net ? Comment qu’on ferait sinon ? On va pouvoir contrôler et espionner les internautes dans un espace jusqu’alors neutre, et rétablir la censure. Nan mais c’est qu’à force de véhiculer des idées intéressantes ils finiraient par les mettre en pratique ces abrutis, et je n’ai pas fini de payer les traites de ma villa du Cap­-Aryen moi. C’est pour la bonne cause, c’est contre les méchants pédophiles violeurs et tueurs d’enfants. De toute façon les vrais distributeurs de pornographie enfantine sont technologiquement beaucoup plus forts que nous et on ne peut rien faire contre eux. Alors…

Pardon ? La pédophilie ne définit que l’attirance sexuelle pour des enfants et n’implique aucun passage à l’acte ? Mon Dieu ! Encore un pédophile Lapidez-­le ! Ah non, c’est une pratique de barbu basané polygame ça. Décapitez-­le !

Bah, pour pallier à tous ces tarés qui se la mettent derrière l’oreille, on libère les vrais délinquants sexuels tous les 10 ans, 5 si bonne conduite il y a, histoire qu’ils détruisent la vie d’un petit garçon ou d’une petite fille, et entretiennent le statut de bouc ­émissaire des pédophiles, avant de retourner derrière les barreaux.

De toute façon, même s’ils sont abstinents, c’est un risque pour nos chères têtes blondes. On devrait tous leur couper les couilles à ces monstres aux pulsions contre ­nature. Par simple prévention. Tiens, tant qu’on y est, on pourrait virer tous les romanos pour éviter les vols. Déjà fait ? Ok.

Comment ça il y a des enfants qui aiment ça ? C’est parce que tu lui a corrompu l’esprit avec des versets sataniques sale vilain pédo !

Bon, Stallman nous fait chier avec ses logiciels libres. Pédophile. Le Dalaï Lama est trop gentil. Pédophile. Bayrou lui tout le monde l’a oublié, pas la peine. Berlusconi veut pas signer pour les Airbus. Pédophile. Ah non on peut pas. Lui c’est vrai.

Aller, c’est pas tout mais il y a une petite pute aux seins plats et en tenue d’écolière qui m’attend sur le pont de mon yatch. Quoi pédophile ? Ça compte pas, elle a 18 ans.

En plus Marcel, je vais te confier un petit secret. Plus ta diatribe envers la gente pédophile sera haineuse et violente, moins tu courras le risque que l’on sache que tu en es un.

Le cinéma écolo est à la mode. Après Home de Yann Arthus-Bertrand et Ωcéans de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (dont je n’ai vu que la bande-annonce, mais que l’on ne cesse de me conseiller), une collaboration germanique réalise un documentaire, financé en grande partie par les dons de particuliers et sponsors, traitant du sujet du business de l’eau : Water Makes Money.

Water Makes Money

Contrairement aux deux autres films précédemment cités qui traitent de la pollution et de l’impact humain sur la nature avec poésie pour émouvoir et sensibiliser, Water Makes Money, tel le grand Émile Zola dans toute sa splendeur, accuse !

Le documentaire est brut, sans effets ni lumières, mais sa frappe par sa pertinence et la triste réalité de ses propos ; des multinationales sans scrupule escroquent les usagers et pourrissent l’eau de la planète au nom du sacro-saint chiffre d’affaire. Ces entreprises mises en cause sont Veolia et Suez, partenaires publics responsables (entre autres) de la distribution en eau potable de nombreuses villes dans le monde entier.

L’un des intervenants principal de ce film est Jean-Luc Touly, ancien directeur administratif chez Veolia, qui a fait de la lutte contre la marchandisation de l’eau son fer de lance. Auteur d’un ouvrage sur le sujet, il y dénonce la corruption, les fraudes, trafics d’influence, escroqueries et autres malversations. Pour empêcher la publication de ce livre, son ex-employeur lui a proposé un million d’euros ! Mais fidèle à ses valeurs, et contrairement à bien d’autres, Jean-Luc Touly a refusé cette offre et subi depuis plusieurs procès pour diffamation, intentés par Veolia, qu’il a tous gagné.

Si Suez tente de se rattraper, avec plus ou moins de maladresse, aux branches, Veolia, elle, multiplie les attaques et souhaite aujourd’hui interdire la diffusion de Water Makes Money programmée le 22 mars sur la chaîne franco-allemande Arte — grâce lui en soit rendu. Bien stupide idée étant donné la conséquence inévitable du désormais quasi-scientifique « effet Streisand ». Parce qu’il y a en France un nombre incalculable de cons comme moi qui aiment à penser ; « si c’est interdit, c’est donc trop cool ».

Il est à savoir que si le documentaire, qui traite en grande partie des actions de Suez et Veolia en France, a été réalisé par des Teutons, ce n’est pas parce que ces sociétés sont dirigées par des juifs qu’ils voudraient voir couler, mais par ce que les chaînes et journalistes français ayant déjà tenté de réaliser un reportage sur le sujet ont subi assez de pressions et chantages pour leur faire fermer leur grande gueule de mouchards. Nanmého ! Ils se croient dans un pays libre ou quoi ?

Un film à voir, à acheter, à télécharger, à découvrir et à faire découvrir.
Projections, renseignements, dons et autres théories du complot sur le site officiel du film.

(où je me fais l’avocat du diable qui n’est pas forcément celui que l’on croit)

I see a pedoContrairement à la dictature qui exerce sur le peuple violence et terreur dans le but de le soumettre et de calmer les instincts révolutionnaires de chacun par la peur, le totalitarisme assure la pérennité de son système en unifiant chaque citoyen sous la bannière d’une pensée unique, bien entendu imposée par l’état lui-même. Afin de fédérer la haine populaire à l’encontre d’un ennemi commun, et ainsi d’éviter tout mouvement subversif qui lui serait néfaste, le régime totalitaire utilise un outil indispensable à son succès ; le bouc émissaire.

De tous temps et en tous lieux, des sociétés se sont servies de boucs émissaires pour créer une relation de réciprocité victime-protecteur entre un peuple et son gouvernement, relation qui garantissait le bon fonctionnement de ce dernier malgré le failles dont il pouvait faire preuve.

Il est communiste ou capitaliste, pédé et responsable du sida, arabe et terroriste, juif et voleur, scientifique ou religieux. Il est l’ennemi d’une nation qui se fait un devoir de le combattre, et par la même, s’attirer la reconnaissance infinie d’une plèbe crédule et xénophobe. Qu’importe d’avoir perdu ses fils ou sa Liberté pour une sécurité bien illusoire. Heureux les abrutis, ils auront la vie sauve…

Dans une France qui se veut tolérante et égalitaire, nous assistons à l’apparition d’un nouveau bouc émissaire : le pédophile.

Attention !Attention : cet article fait clairement la distinction entre les termes pédophilie (attirance affective et/ou sexuelle pour les enfants prépubères) et pédocriminalité (agression sexuelle sur les mineurs de moins de 15 ans).

Tabou incontesté de notre société occidentale moderne, il est aujourd’hui impossible d’aborder en public et objectivement le thème de la pédophilie sans s’exposer à la haine et à la violence. La condamnation de facto de cette différence sexuelle est pourtant à double tranchant ; le tabou, de par l’inconnu qu’il engendre, est source de peur. Et comme l’a dit le grand philosophe et maître Jedi Yoda : « Fear is the path to the dark side. »

Suite à la révolution sexuelle survenue à la fin des années 60 et au début des années 70, une époque résolument progressiste, un nouveau courant artistique émerge dans le milieu de la photographie en particulier, mais aussi de la littérature, du cinéma et de l’art en général, dont la particularité est de sexualiser les enfants et adolescents. Des artistes comme Tony Duvert dévoilent publiquement leur pédophilie ou leur héphébophilie et se servent de leur notoriété pour tenter de faire évoluer les mentalités grâce à ces idées nouvelles véhiculées objectivement, si ce n’est positivement, par la presse à grand tirage. Les mouvements de défense LGBT soutiennent la cause du militantisme pédophile. Des photographes comme Jacques Bourboulon et David Hamilton, ou plus récemment Sally Mann, Jock Sturges et Irina Ionesco, qui mettent en scène sur leurs clichés des enfants et adolescents nus d’une manière plus ou moins érotique, ont été applaudis pour leur génie artistique et exposés dans le monde entier. Et tout cela sans que jamais ne soit faite l’apologie d’une sexualité contrainte et violente. On en parle et débat avec prudence mais calmement et intelligemment. Les seventies sont synonyme de Liberté.

Les mentalités changes alors que fait rage la guerre du Koweït. Les États-Unis d’Amérique investissent plus de 60 milliards de dollars dans le but d’écraser l’Irak et de mettre la main sur ses ressources pétrolières, dissimulant leurs intentions derrière la position officielle de l’ONU hostile à l’invasion du Koweït par l’Irak. La politique de la France, qui a prit part au conflit en se ralliant à la coalition anti-Irak, se fait dès lors sécuritaire et tend au conservatisme. Des affaires de corruption éclatent au sein de toutes les institutions. La France est plus pourrie que jamais.

La folie des années 70 est bel et bien oubliée. Les français sont en colère et il leur faut du sang.

La récente dérive de l’enfant-roi, pourri et adulé, mais enfin écouté, aura pour conséquence de mettre en évidence de nombreuses affaires de pédocriminalité tues jusqu’alors. L’amalgame est vite fait avec le pédophile qui est diabolisé et jeté en pâture sur la place publique sans que l’on tente de comprendre sa différence. L’opinion populaire fait de lui un violeur d’enfant. L’affaire Marc Dutroux en fera un prédateur, un tortionnaire, un tueur sans pitié. Tous ces photographes précédemment cités sont censurés et accusés de production de pornographie enfantine. Le cinéma à tendance éphébophile de Gus Van Sant, Larry Clark, Catherine Breillat ou Harmony Korine est vivement critiqué pour sa sexualisation de l’adolescence. Le pédophile fait peur. La psychose est installée.

La grande majorité des pédophiles ne commettra pourtant jamais le moindre délit ou crime sur la personne d’un mineur, et un pédocriminel n’est pas forcément pédophile. En effet, la psychiatrie moderne considère que les tueurs récidivistes (à l’instar de Dutroux) ne sont pas des pédophiles, mais des psychopathes dont la préférence pour les enfants s’explique par d’autres raisons que la pédophilie, comme par exemple le fait que ceux-ci sont des victimes faciles pour un prédateur. Les hétérosexuels et homosexuels sont-ils tous des violeurs d’adultes ? Alors pourquoi les pédophiles seraient-ils tous des violeurs d’enfants ?

Pédophile signifie étymologiquement : qui aime les enfants. Si le terme de pédophilie impliquait nécessairement une relation sexuelle avec un gamin, on utiliserait le terme de pédosexualité à l’instar du mot hétérosexualité.

Je ne prône en aucune manière la pédophilie, ni ne veux inciter au crime qui que ce soit. Je condamne par ailleurs toute atteinte d’ordre sexuel sur une personne dont le développement physique et intellectuel ne le permet pas, maturité qui est propre à chacun et qui ne correspond pas forcément à l’idée que la loi s’en fait (majorité sexuelle et majorité civile). Seulement je suis conscient de la souffrance de ces femmes et hommes, bien plus nombreux qu’on ne l’imagine, que la société condamne moralement alors qu’ils ne sont coupables que du crime d’être nés différents, et que le poids du secret, de la honte, du silence, de la peur et de la culpabilité conduisent souvent à la dépression — la vraie. Ils ne sont pas les premiers, et quand bien même les mentalités évolueraient assez pour leur reconnaître le droit d’exister en tant que tels, ils ne seront pas les derniers. Tant que nous serons gouvernés de la sorte, il y aura toujours un bouc émissaire pour endosser les erreurs de toute une nation.

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je suis prêt à me battre pour que vous ayez le droit de le dire. » Voltaire.

Nous sommes passé d’une cécité volontaire à un acharnement sadique en matière de maltraitance infantile. Hier encore des enfants étaient violés à répétition pendant des années sans que leur entourage, pourtant au courant, n’ait jamais rien tenté pour leur venir en aide, et l’on n’hésiterait pas aujourd’hui à couper, sans procès, les couilles d’un photographe amateur qui prendrait en photo une bande de gosses jouant au foot sur la place du village. Quand l’homme cessera-t’il enfin de passer d’un extrême à l’autre pour trouver enfin le juste milieu des choses ?

« Deuxième leçon du sorcier : Les pires maux découlent des meilleures intentions. »Terry Goodkind.

Souvenez-vous des accusations (plus ou moins) mensongères de collaboration après la Libération. Et imaginez votre vie si jamais l’on vous accusait à tort de pratiques pédocriminelles. Vous seriez lynché par les médias et haïs par les foules. Rejeté par votre famille, vos amis et sans doute renvoyé de votre travail ou privé de vos clients. Pendant toute la procédure judiciaire vos droits seraient bafoués par les forces de l’ordre qui afficheraient fièrement leur mépris à votre égard. Et si vous ne vous êtes pas suicidé d’ici là, vous finirez régulièrement tabassé en prison.

Des preuves ? Mais elles sont si faciles à obtenir. En matière de droit français l’enfant n’est qu’un objet (sic), il n’est pas responsable de ses choix et de ses actes. Dans ce cas comment pourrait-il donc résister à la pression de l’autorité parentale et sociale en cas d’interrogatoire, et se rendre compte de la gravité de ses dires si jamais ils venaient à incriminer à tort qui que ce soit ? Les fausses accusations d’abus sexuels sont très courantes et leurs conséquences souvent extrêmes. L’article consacré à ce sujet sur Wikipédia est édifiant !

Innocenté ? Acquitté ? Relaxé ? Croyez-vous sincèrement que cela peut arranger quoi que ce soit ? Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de fumée sans feu ?

Imaginez maintenant que quelqu’un se serve de ce pouvoir contre un adversaire politique, un policier incorruptible, un concurrent commercial, un supérieur hiérarchique, un anarchiste qui ouvre trop sa grande gueule de con, un proche détesté, un professeur trop sévère, etc. Il est si facile de briser irrémédiablement une vie. Les autorités devraient savoir faire preuve de modération et non d’extrémisme, mais cela sert si bien leurs desseins…

Pedophilia is not a crime ! Les attirances, fantasmes, envies, idées… ne sont pas condamnées par la loi. Pas encore. J’ose innocemment espérer que le crime de pensée ne verra jamais le jour en France. J’ai bien plus de respect pour un pédophile qui souffrira par choix éthique et moral de frustration affective et sexuelle, que pour tous ces connards de parents démissionnaires qui font bien plus de mal à leurs gosses par leur absence de travail éducatif. Au moins je sais que les enfants du pédophile abstinent seront aimés, même si cet amour n’est pas celui qu’un parent devrait avoir pour ses enfants, et les branlettes qu’il se tapera le soir en imaginant enculer son fils de 10 ans ne peuvent pas, à mon humble avis, nuire à ce dernier.

La lutte contre le pédophile, ce montre du XXIe siècle, est le prétexte invoqué actuellement par nos politiques pour censurer Internet dans le cadre de la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi). Ou comment bafouer les principes élémentaires de la Liberté d’expression et fouler au pied la constitution mais c’est pour la bonne cause c’est contre les sales vilains pédos et si t’es pas d’accord c’est que tu es un violeur d’enfants (article sur la Loppsi à venir).

À côté de ça des pédocriminels vivent en liberté un peu partout en France. Demandez aux Rambolitains : dans cette petite ville des Yvelines habitée à moitié par des familles nombreuses (dite « Rambouillet ville famille ») et qui ne compte pas moins de 16 écoles maternelles et primaires, ont été relâchés plusieurs pédocriminels (parfois récidivistes) une fois leur peine de prison purgée. Bien que sous contrôle judiciaire, ceux-ci, dans le cadre de leur réinsertion sociale, travaillent et vivent à proximité de tous ces enfants qui n’osent pas sortir dans les rues ou sur les aires de jeux désormais à l’abandon, parce que leurs parents, parfaitement au courant de la situation, craignent à juste titre pour leur sécurité.

Mais que fout un putain de pédocriminel en liberté ? Quelques années de prison, écourtées pour bonne conduite qui plus est, peuvent-elles racheter la destruction de l’innocence d’un gamin ?

Donc non seulement on utilise les pédophiles pour justifier les pires dérives liberticides, mais des pédocriminels avérés croisent nos enfants tous les jours en allant bosser ou faire leurs courses. Cherchez l’erreur.

Une France totalitaire qui utilise des boucs émissaires pour détourner de sa cible originelle la vindicte publique et pour justifier des actes anticonstitutionnels destinés à contrôler le peuple français alors que les vrais criminels agissent en toute impunité… C’est marrant ça me rappelle quelque chose.

 

 

Hitler Loppsi
Politiciens travaillant sur le projet de loi Loppsi

 

Godwin was right.

L’histoire nous a maints fois prouvé que la xénophobie conduisait aux pires dérives : esclavagisme, guerre, génocide, nazisme, homophobie, islamophobie, etc. Aujourd’hui pédophobie ? Nous ne pouvons nous permettre de reproduire les même erreurs. Et ceci pour le bien de l’humanité.

Dans la France dont je rêve, les pédophiles seraient écoutés plutôt que condamnés et paraderaient fièrement tous les ans lors de la pedo-pride. Des associations de défense des droits des minorités sexuelles comme Les amis de toutes les minorités sexuelles n’auraient plus raison d’être et la pédophilie ne serait plus considérée comme une perversion ou une maladie mentale. Dans la France dont je rêve, tous les pédocriminels seraient en taule sans le moindre espoir d’en sortir un jour vivant. La France dont je rêve est un pays libre et juste.

 

Je ne milite pas pour la pédophilie ; je me bat juste pour la Liberté. Et ce combat n’en est qu’un parmi tant d’autres.

Drapeau islandaisDepuis 2009 une révolution est en marche en Islande. Une révolution qui semble enfin aboutir après plus d’un an de manifestations et actions citoyennes et dont je n’avais pas entendu parler jusqu’à hier. Et pour cause : les médias francophones sont restés muets sur l’affaire durant tout ce temps.

Censure volontaire ? Incompétence des médias ? Dans les deux cas l’affaire est inquiétante. Que peut-il bien se passer en Islande pour que certains tiennent à ce que nous n’en sachions rien ?

L’Islande, pays capitaliste par excellence, a été très durement mis à mal par la crise financière de ce début de siècle. Le PIB a chuté d’une manière spectaculaire jamais vue en Europe entraînant une dévaluation de la couronne Islandaise de 50 % par rapport au dollar. Trois grandes banques du pays, gelées dans plusieurs pays du nord, ont fait faillite suite à l’irresponsabilité de leurs dirigeants capitalistes. Le pays survit grâce à l’injection — fort faible — de 2,1 milliards de dollars de la part du FMI.

En février 2009 le premier ministre de droite est renversé par la population islandaise qui manifeste bruyamment à grands coups de casseroles et autres ustensiles de cuisine entrechoqués. Un gouvernement de gauche est constitué, sans le moindre résultat notable. La gauche est renversée elle aussi pour avoir mené une politique de droite. L’ancien « Eldorado de l’Arctique » n’est plus.

L’Islande en a marre et impose un référendum au gouvernement pour ne pas avoir à rembourser les banques qui l’ont plongé dans cette merde noire. Une victoire à 93 % contre le-dit remboursement ! Si ça ce n’est pas la voix du peuple. Les banques sont alors nationalisées pour sauver l’économie du pays.

En novembre dernier les Islandais en colères sont à l’origine de l’élection, accessible à tous, d’une Assemblée constituante démocratique de 25 personnes issues de la plèbe, chargée de réviser la constitution Islandaise d’une manière anti-capitaliste. L’adhérence du pays à l’Union européenne est aussi remise en question pour des raisons de stabilité financière.

Une révolution pacifique démocratique anti-capitaliste. Voilà ce qui effraie nos politiques. Affligeant n’est-ce pas ?

La démocratie et le bien-être d’un peuple sont-ils si dérangeants pour notre gouvernement ? L’Islande risquerait-elle de devenir un modèle pour les Français et de nous ouvrir les yeux sur notre réelle condition ? Imaginez une France sans corruption (Ben Ali est un petit joueur à côté de Nicolas Sarkozy) où les hommes seraient libres. Un président et des ministres qui n’auraient pas accédé à ces fonctions pour s’en foutre plein les poches mais pour le bien général de la population. Un pays riche et grand qui serait le nôtre.

C’est ce qu’ils ne veulent pas que vous imaginiez.

 

Sources

Le Figaro (2009, rappel des faits)
Le Post
Média Libre Europe
Le Geektionnerd
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