« Si tu veux que l’on te respecte, commence par respecter les autres. » Qui ne s’est jamais entendu sermonner cette phrase apparemment pleine de bon sens et de sagesse ?

 

Pingouins volant

Image n'ayant strictement rien à voir avec le sujet de l'article mais que l'auteur trouve fort belle

 

S’il y a bien une chose que la majeure partie de l’humanité n’est pas le moins du monde en mesure d’espérer, c’est le respect d’autrui. À mon plus grand dam, ainsi qu’à celui des fervents défenseurs de la langue française, ce mot à perdu aujourd’hui une grande partie de sa signification originelle et de la puissance de celle-ci.

Selon le Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré, témoigner du respect est la façon de porter honneur à une personne digne de considération. Or l’honneur et la considération sont rarement des sentiments dont on est digne de manière acquise. Ainsi le respect se gagne, se mérite.

En aucun cas je ne témoignerais le moindre respect à qui ne s’en serait pas montré digne à mes yeux. Quelque peu misanthrope sur les bords, je vais même plus loin en méprisant d’office toute personne que je ne connais pas, et ce jusqu’à ce qu’elle m’ait prouvé sa valeur, ou au contraire, me conforte dans l’idée que mes sentiments à sont égard sont parfaitement justifiés. Aussi étonnant que cela puisse paraître (saisissez bien toute l’ironie du propos), je n’ai que rarement à reconnaître mes erreurs à ce sujet. Et quand bien même je me serais trompé, il s’agit toujours d’une agréable méprise ; celle-ci ayant pour conséquence de me faire découvrir une personne intéressante et digne de toute mon attention.

Mais si je suis quelqu’un de méprisant et mesquin, je n’en reste pas moins le plus poli des hommes. En effet ; si pour moi le respect se mérite, la politesse, elle, est un . En aucun cas par exemple, je ne me permettrait de tutoyer un adulte qui m’est inconnu, quand bien même celui-ci serait bien plus jeune que moi. Et cela vaut pour vous, cher (et trop rare) lecteur. À l’instar de mon précieux ami, le docteur Hannibal (calembour pitoyable). Ni contrevenir une seule fois envers quelqu’un, fusse-t’il mon pire ennemi, aux règles les plus élémentaires de la politesse telles que bonjour, merci, s’il vous plaît ou au revoir. Mots que je suis par ailleurs capable de traduire (avec une exactitude toute relative) en de très nombreuses langues et dialectes. Ou encore léser quiconque de quelque manière que ce soit sans immédiatement lui demander de m’en excuser. La haine ou le mépris n’empêchent rien.

Soit dit en passant, dans un français correct, les excuses n’appartiennent pas à la personne qui est en tort. Aussi ne dit-on pas : « Je m’excuse » ou « Je vous présente mes excuses », qu’elles soient les plus plates ou non (formule tout de même tolérée pour l’élégance indéniable de son style), mais : « Excusez-moi », « Je vous demande de m’excuser » ou tout simplement « Pardon ».

Pour résumer cet article (qui s’avère pourtant être parmi les plus courts publiés sur ce site), nous en conclurons donc que le respect est un honneur qui se mérite et qu’il s’avère fort imbécile de le réclamer, mais que les règles de savoir-vivre de notre remarquable civilisation occidentale nous imposent une courtoisie nécessaire à la vie en société auxquelles il est fort mal venu de contrevenir.

PIGER : (pi-jé) v. a. Au jeu de bouchon, mesurer quel est le palet le plus près du bouchon.

Étymologie : Bourg. piger, mesurer ; verbe formé de pied.

Le Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré, appelé plus communément le Littré, est bien plus qu’un simple dictionnaire. Se promener au hasard de ses pages c’est explorer un monde presque inconnu. Celui du français, son expression, son étymologie et surtout, son histoire. La définition d’un mot en devient presque accessoire tant il est merveilleux d’en découvrir les usages perdus, l’origine obscure et les citations anciennes qui l’utilisent. Le Littré est bien plus qu’un simple dictionnaire ; c’est un monument à la gloire de la langue française.

 

Dictionnaire Littré de la langue française

Première page du Littré, dans son édition de 1889.

L’un de mes plaisir est de partir à la recherche des origines des mots qui composent le vieil argot français ou les patois régionaux. Émile Littré, érudit en langues anciennes telles que le grec, le latin et le sanskit, est l’auteur dans ce dictionnaire d’un formidable travail étymologique faisant office de référence depuis sa parution bien qu’aujourd’hui quelques mots, expressions et idées soient un tantinet désuètes.

« Je ne peux plus vivre sans un Littré. » disait l’académicien André Maurois.

Le Littré est un ouvrage aujourd’hui tombé dans le domaine public en ce qui concerne le droit d’auteur. Appelée XMLittré, cette version libre du dictionnaire d’Émile Littré est consultable en ligne à cette adresse, ou hors-ligne grâce au logiciel libre multi-plateforme StarDict qui permet d’installer et de compulser sur son ordinateur de nombreux dictionnaires.

Depuis toujours, trônent sur ma table de chevet, ma table basse et mes étagères plusieurs dictionnaires. Lorsque mes lectures m’amènent à découvrir un nouveau mot, je me précipite sur l’un d’eux pour en comprendre la signification, enrichissant ainsi chaque jour mon vocabulaire. Depuis que j’ai découvert le Littré, celui-ci m’aide à saisir chaque tournure des mots et apprendre leur histoire. Associé à un dictionnaire récent pour les mots qui n’existaient pas à la fin du XIXème siècle ou qui n’avaient alors pas le même sens, le Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré est le plus fidèle ami de tout curieux qui se respecte.