Je suis un agnostique ; contrairement aux athées, je ne nie pas l’existence d’un, ou plusieurs, dieux. Je ne nie ni n’affirme quoi que ce soit. Je n’ai simplement pas le moyen de savoir. Dire « je ne sais pas » n’est pas pour moi une défaite, c’est une victoire sur la tentation d’affirmer ou de nier sans preuve. Quand bien même j’aurais la preuve d’une existence divine, nul, homme ou dieu, ne me fera plier le genoux sous son joug. Je me flatte de ne rien devoir à personne (si ce n’est la vie à ma mère), tout ce que je possède, matériel et immatériel, je ne le dois à personne d’autre qu’à moi-même. Aussi je rejette en bloc l’idée même du destin ; je suis maître de ma vie.

 

 

Le Grand Monstre en Spaghetti Volant

Dieu. Le vrai.

 

Mais malgré mes convictions religieuses — ou irreligieuses —, je respecte le choix de chacun quant à sa spiritualité. Ce qui me désole, me dégoûte même, est l’hypocrisie dont font preuve les croyants par peur de leur dieu. Je ne parlerais pas des guerres saintes et diverses tueries perpétrée au nom d’un tel ou tel dieu, ni du pouvoir que certains s’octroient pour contrôler et asservir les hommes. Non. Le sujet qui me préoccupe est bien plus triste.

Je crois sincèrement que l’homme n’est ni bon ni mauvais à la naissance. Il est d’alignement neutre-neutre. Et que les principes de bien et de mal, et autres billevesées, sont des notions qu’il acquière tout au long de sa vie et qui peuvent dépendre du contexte social et culturel qui l’entoure. Pour moi l’homme est égoïste par nature, au sens darwinien du terme ; l’instinct de conservation est son seul et unique leitmotiv. Ainsi je pense que les premiers humains se sont regroupés en tribus dans le but premier d’assurer leur propre survie, et non pour pallier à l’absence de réseaux sociaux qui caractérise les anciens temps.

De la même manière, si la majorité de l’espèce humaine ne se livre pas continuellement à des actes criminels ce n’est pas par naturelle générosité ; c’est uniquement par crainte d’avoir à payer le mal qu’ils ont fait pour l’éternité dans les flammes ardentes de l’enfer. Mère Theresa elle-même n’a-t’elle pas agit ainsi pour s’assurer une place à la droite du dieu qu’elle révérait ? Nous ne le saurons jamais. Mais l’important est que cette façon d’agir est bien loin de la simple bonté d’âme. Le bien que l’on fait autour de soi est en réalité prodigué à des fins personnelles ; c’est d’un égoïsme pur et brut. L’homme ne peut être bon que soumis à la menace et au chantage. La peur est son unique moteur. N’est-ce pas pitoyable ?

Personnellement je vis en société selon ces deux principes :

  • Ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse
  • La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres

Je me vautre avec délice dans le stupre et la fornication, et je collectionne les péchés capitaux comme s’ils étaient des livres anciens, mais sans jamais (ou presque) nuire à quiconque. Par principe, et non par crainte.