Le cinéma écolo est à la mode. Après Home de Yann Arthus-Bertrand et Ωcéans de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (dont je n’ai vu que la bande-annonce, mais que l’on ne cesse de me conseiller), une collaboration germanique réalise un documentaire, financé en grande partie par les dons de particuliers et sponsors, traitant du sujet du business de l’eau : Water Makes Money.

Water Makes Money

Contrairement aux deux autres films précédemment cités qui traitent de la pollution et de l’impact humain sur la nature avec poésie pour émouvoir et sensibiliser, Water Makes Money, tel le grand Émile Zola dans toute sa splendeur, accuse !

Le documentaire est brut, sans effets ni lumières, mais sa frappe par sa pertinence et la triste réalité de ses propos ; des multinationales sans scrupule escroquent les usagers et pourrissent l’eau de la planète au nom du sacro-saint chiffre d’affaire. Ces entreprises mises en cause sont Veolia et Suez, partenaires publics responsables (entre autres) de la distribution en eau potable de nombreuses villes dans le monde entier.

L’un des intervenants principal de ce film est Jean-Luc Touly, ancien directeur administratif chez Veolia, qui a fait de la lutte contre la marchandisation de l’eau son fer de lance. Auteur d’un ouvrage sur le sujet, il y dénonce la corruption, les fraudes, trafics d’influence, escroqueries et autres malversations. Pour empêcher la publication de ce livre, son ex-employeur lui a proposé un million d’euros ! Mais fidèle à ses valeurs, et contrairement à bien d’autres, Jean-Luc Touly a refusé cette offre et subi depuis plusieurs procès pour diffamation, intentés par Veolia, qu’il a tous gagné.

Si Suez tente de se rattraper, avec plus ou moins de maladresse, aux branches, Veolia, elle, multiplie les attaques et souhaite aujourd’hui interdire la diffusion de Water Makes Money programmée le 22 mars sur la chaîne franco-allemande Arte — grâce lui en soit rendu. Bien stupide idée étant donné la conséquence inévitable du désormais quasi-scientifique « effet Streisand ». Parce qu’il y a en France un nombre incalculable de cons comme moi qui aiment à penser ; « si c’est interdit, c’est donc trop cool ».

Il est à savoir que si le documentaire, qui traite en grande partie des actions de Suez et Veolia en France, a été réalisé par des Teutons, ce n’est pas parce que ces sociétés sont dirigées par des juifs qu’ils voudraient voir couler, mais par ce que les chaînes et journalistes français ayant déjà tenté de réaliser un reportage sur le sujet ont subi assez de pressions et chantages pour leur faire fermer leur grande gueule de mouchards. Nanmého ! Ils se croient dans un pays libre ou quoi ?

Un film à voir, à acheter, à télécharger, à découvrir et à faire découvrir.
Projections, renseignements, dons et autres théories du complot sur le site officiel du film.

« Si tu veux que l’on te respecte, commence par respecter les autres. » Qui ne s’est jamais entendu sermonner cette phrase apparemment pleine de bon sens et de sagesse ?

 

Pingouins volant

Image n'ayant strictement rien à voir avec le sujet de l'article mais que l'auteur trouve fort belle

 

S’il y a bien une chose que la majeure partie de l’humanité n’est pas le moins du monde en mesure d’espérer, c’est le respect d’autrui. À mon plus grand dam, ainsi qu’à celui des fervents défenseurs de la langue française, ce mot à perdu aujourd’hui une grande partie de sa signification originelle et de la puissance de celle-ci.

Selon le Dictionnaire de la langue française d’Émile Littré, témoigner du respect est la façon de porter honneur à une personne digne de considération. Or l’honneur et la considération sont rarement des sentiments dont on est digne de manière acquise. Ainsi le respect se gagne, se mérite.

En aucun cas je ne témoignerais le moindre respect à qui ne s’en serait pas montré digne à mes yeux. Quelque peu misanthrope sur les bords, je vais même plus loin en méprisant d’office toute personne que je ne connais pas, et ce jusqu’à ce qu’elle m’ait prouvé sa valeur, ou au contraire, me conforte dans l’idée que mes sentiments à sont égard sont parfaitement justifiés. Aussi étonnant que cela puisse paraître (saisissez bien toute l’ironie du propos), je n’ai que rarement à reconnaître mes erreurs à ce sujet. Et quand bien même je me serais trompé, il s’agit toujours d’une agréable méprise ; celle-ci ayant pour conséquence de me faire découvrir une personne intéressante et digne de toute mon attention.

Mais si je suis quelqu’un de méprisant et mesquin, je n’en reste pas moins le plus poli des hommes. En effet ; si pour moi le respect se mérite, la politesse, elle, est un . En aucun cas par exemple, je ne me permettrait de tutoyer un adulte qui m’est inconnu, quand bien même celui-ci serait bien plus jeune que moi. Et cela vaut pour vous, cher (et trop rare) lecteur. À l’instar de mon précieux ami, le docteur Hannibal (calembour pitoyable). Ni contrevenir une seule fois envers quelqu’un, fusse-t’il mon pire ennemi, aux règles les plus élémentaires de la politesse telles que bonjour, merci, s’il vous plaît ou au revoir. Mots que je suis par ailleurs capable de traduire (avec une exactitude toute relative) en de très nombreuses langues et dialectes. Ou encore léser quiconque de quelque manière que ce soit sans immédiatement lui demander de m’en excuser. La haine ou le mépris n’empêchent rien.

Soit dit en passant, dans un français correct, les excuses n’appartiennent pas à la personne qui est en tort. Aussi ne dit-on pas : « Je m’excuse » ou « Je vous présente mes excuses », qu’elles soient les plus plates ou non (formule tout de même tolérée pour l’élégance indéniable de son style), mais : « Excusez-moi », « Je vous demande de m’excuser » ou tout simplement « Pardon ».

Pour résumer cet article (qui s’avère pourtant être parmi les plus courts publiés sur ce site), nous en conclurons donc que le respect est un honneur qui se mérite et qu’il s’avère fort imbécile de le réclamer, mais que les règles de savoir-vivre de notre remarquable civilisation occidentale nous imposent une courtoisie nécessaire à la vie en société auxquelles il est fort mal venu de contrevenir.

(où je me fais l’avocat du diable qui n’est pas forcément celui que l’on croit)

I see a pedoContrairement à la dictature qui exerce sur le peuple violence et terreur dans le but de le soumettre et de calmer les instincts révolutionnaires de chacun par la peur, le totalitarisme assure la pérennité de son système en unifiant chaque citoyen sous la bannière d’une pensée unique, bien entendu imposée par l’état lui-même. Afin de fédérer la haine populaire à l’encontre d’un ennemi commun, et ainsi d’éviter tout mouvement subversif qui lui serait néfaste, le régime totalitaire utilise un outil indispensable à son succès ; le bouc émissaire.

De tous temps et en tous lieux, des sociétés se sont servies de boucs émissaires pour créer une relation de réciprocité victime-protecteur entre un peuple et son gouvernement, relation qui garantissait le bon fonctionnement de ce dernier malgré le failles dont il pouvait faire preuve.

Il est communiste ou capitaliste, pédé et responsable du sida, arabe et terroriste, juif et voleur, scientifique ou religieux. Il est l’ennemi d’une nation qui se fait un devoir de le combattre, et par la même, s’attirer la reconnaissance infinie d’une plèbe crédule et xénophobe. Qu’importe d’avoir perdu ses fils ou sa Liberté pour une sécurité bien illusoire. Heureux les abrutis, ils auront la vie sauve…

Dans une France qui se veut tolérante et égalitaire, nous assistons à l’apparition d’un nouveau bouc émissaire : le pédophile.

Attention !Attention : cet article fait clairement la distinction entre les termes pédophilie (attirance affective et/ou sexuelle pour les enfants prépubères) et pédocriminalité (agression sexuelle sur les mineurs de moins de 15 ans).

Tabou incontesté de notre société occidentale moderne, il est aujourd’hui impossible d’aborder en public et objectivement le thème de la pédophilie sans s’exposer à la haine et à la violence. La condamnation de facto de cette différence sexuelle est pourtant à double tranchant ; le tabou, de par l’inconnu qu’il engendre, est source de peur. Et comme l’a dit le grand philosophe et maître Jedi Yoda : « Fear is the path to the dark side. »

Suite à la révolution sexuelle survenue à la fin des années 60 et au début des années 70, une époque résolument progressiste, un nouveau courant artistique émerge dans le milieu de la photographie en particulier, mais aussi de la littérature, du cinéma et de l’art en général, dont la particularité est de sexualiser les enfants et adolescents. Des artistes comme Tony Duvert dévoilent publiquement leur pédophilie ou leur héphébophilie et se servent de leur notoriété pour tenter de faire évoluer les mentalités grâce à ces idées nouvelles véhiculées objectivement, si ce n’est positivement, par la presse à grand tirage. Les mouvements de défense LGBT soutiennent la cause du militantisme pédophile. Des photographes comme Jacques Bourboulon et David Hamilton, ou plus récemment Sally Mann, Jock Sturges et Irina Ionesco, qui mettent en scène sur leurs clichés des enfants et adolescents nus d’une manière plus ou moins érotique, ont été applaudis pour leur génie artistique et exposés dans le monde entier. Et tout cela sans que jamais ne soit faite l’apologie d’une sexualité contrainte et violente. On en parle et débat avec prudence mais calmement et intelligemment. Les seventies sont synonyme de Liberté.

Les mentalités changes alors que fait rage la guerre du Koweït. Les États-Unis d’Amérique investissent plus de 60 milliards de dollars dans le but d’écraser l’Irak et de mettre la main sur ses ressources pétrolières, dissimulant leurs intentions derrière la position officielle de l’ONU hostile à l’invasion du Koweït par l’Irak. La politique de la France, qui a prit part au conflit en se ralliant à la coalition anti-Irak, se fait dès lors sécuritaire et tend au conservatisme. Des affaires de corruption éclatent au sein de toutes les institutions. La France est plus pourrie que jamais.

La folie des années 70 est bel et bien oubliée. Les français sont en colère et il leur faut du sang.

La récente dérive de l’enfant-roi, pourri et adulé, mais enfin écouté, aura pour conséquence de mettre en évidence de nombreuses affaires de pédocriminalité tues jusqu’alors. L’amalgame est vite fait avec le pédophile qui est diabolisé et jeté en pâture sur la place publique sans que l’on tente de comprendre sa différence. L’opinion populaire fait de lui un violeur d’enfant. L’affaire Marc Dutroux en fera un prédateur, un tortionnaire, un tueur sans pitié. Tous ces photographes précédemment cités sont censurés et accusés de production de pornographie enfantine. Le cinéma à tendance éphébophile de Gus Van Sant, Larry Clark, Catherine Breillat ou Harmony Korine est vivement critiqué pour sa sexualisation de l’adolescence. Le pédophile fait peur. La psychose est installée.

La grande majorité des pédophiles ne commettra pourtant jamais le moindre délit ou crime sur la personne d’un mineur, et un pédocriminel n’est pas forcément pédophile. En effet, la psychiatrie moderne considère que les tueurs récidivistes (à l’instar de Dutroux) ne sont pas des pédophiles, mais des psychopathes dont la préférence pour les enfants s’explique par d’autres raisons que la pédophilie, comme par exemple le fait que ceux-ci sont des victimes faciles pour un prédateur. Les hétérosexuels et homosexuels sont-ils tous des violeurs d’adultes ? Alors pourquoi les pédophiles seraient-ils tous des violeurs d’enfants ?

Pédophile signifie étymologiquement : qui aime les enfants. Si le terme de pédophilie impliquait nécessairement une relation sexuelle avec un gamin, on utiliserait le terme de pédosexualité à l’instar du mot hétérosexualité.

Je ne prône en aucune manière la pédophilie, ni ne veux inciter au crime qui que ce soit. Je condamne par ailleurs toute atteinte d’ordre sexuel sur une personne dont le développement physique et intellectuel ne le permet pas, maturité qui est propre à chacun et qui ne correspond pas forcément à l’idée que la loi s’en fait (majorité sexuelle et majorité civile). Seulement je suis conscient de la souffrance de ces femmes et hommes, bien plus nombreux qu’on ne l’imagine, que la société condamne moralement alors qu’ils ne sont coupables que du crime d’être nés différents, et que le poids du secret, de la honte, du silence, de la peur et de la culpabilité conduisent souvent à la dépression — la vraie. Ils ne sont pas les premiers, et quand bien même les mentalités évolueraient assez pour leur reconnaître le droit d’exister en tant que tels, ils ne seront pas les derniers. Tant que nous serons gouvernés de la sorte, il y aura toujours un bouc émissaire pour endosser les erreurs de toute une nation.

« Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je suis prêt à me battre pour que vous ayez le droit de le dire. » Voltaire.

Nous sommes passé d’une cécité volontaire à un acharnement sadique en matière de maltraitance infantile. Hier encore des enfants étaient violés à répétition pendant des années sans que leur entourage, pourtant au courant, n’ait jamais rien tenté pour leur venir en aide, et l’on n’hésiterait pas aujourd’hui à couper, sans procès, les couilles d’un photographe amateur qui prendrait en photo une bande de gosses jouant au foot sur la place du village. Quand l’homme cessera-t’il enfin de passer d’un extrême à l’autre pour trouver enfin le juste milieu des choses ?

« Deuxième leçon du sorcier : Les pires maux découlent des meilleures intentions. »Terry Goodkind.

Souvenez-vous des accusations (plus ou moins) mensongères de collaboration après la Libération. Et imaginez votre vie si jamais l’on vous accusait à tort de pratiques pédocriminelles. Vous seriez lynché par les médias et haïs par les foules. Rejeté par votre famille, vos amis et sans doute renvoyé de votre travail ou privé de vos clients. Pendant toute la procédure judiciaire vos droits seraient bafoués par les forces de l’ordre qui afficheraient fièrement leur mépris à votre égard. Et si vous ne vous êtes pas suicidé d’ici là, vous finirez régulièrement tabassé en prison.

Des preuves ? Mais elles sont si faciles à obtenir. En matière de droit français l’enfant n’est qu’un objet (sic), il n’est pas responsable de ses choix et de ses actes. Dans ce cas comment pourrait-il donc résister à la pression de l’autorité parentale et sociale en cas d’interrogatoire, et se rendre compte de la gravité de ses dires si jamais ils venaient à incriminer à tort qui que ce soit ? Les fausses accusations d’abus sexuels sont très courantes et leurs conséquences souvent extrêmes. L’article consacré à ce sujet sur Wikipédia est édifiant !

Innocenté ? Acquitté ? Relaxé ? Croyez-vous sincèrement que cela peut arranger quoi que ce soit ? Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de fumée sans feu ?

Imaginez maintenant que quelqu’un se serve de ce pouvoir contre un adversaire politique, un policier incorruptible, un concurrent commercial, un supérieur hiérarchique, un anarchiste qui ouvre trop sa grande gueule de con, un proche détesté, un professeur trop sévère, etc. Il est si facile de briser irrémédiablement une vie. Les autorités devraient savoir faire preuve de modération et non d’extrémisme, mais cela sert si bien leurs desseins…

Pedophilia is not a crime ! Les attirances, fantasmes, envies, idées… ne sont pas condamnées par la loi. Pas encore. J’ose innocemment espérer que le crime de pensée ne verra jamais le jour en France. J’ai bien plus de respect pour un pédophile qui souffrira par choix éthique et moral de frustration affective et sexuelle, que pour tous ces connards de parents démissionnaires qui font bien plus de mal à leurs gosses par leur absence de travail éducatif. Au moins je sais que les enfants du pédophile abstinent seront aimés, même si cet amour n’est pas celui qu’un parent devrait avoir pour ses enfants, et les branlettes qu’il se tapera le soir en imaginant enculer son fils de 10 ans ne peuvent pas, à mon humble avis, nuire à ce dernier.

La lutte contre le pédophile, ce montre du XXIe siècle, est le prétexte invoqué actuellement par nos politiques pour censurer Internet dans le cadre de la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi). Ou comment bafouer les principes élémentaires de la Liberté d’expression et fouler au pied la constitution mais c’est pour la bonne cause c’est contre les sales vilains pédos et si t’es pas d’accord c’est que tu es un violeur d’enfants (article sur la Loppsi à venir).

À côté de ça des pédocriminels vivent en liberté un peu partout en France. Demandez aux Rambolitains : dans cette petite ville des Yvelines habitée à moitié par des familles nombreuses (dite « Rambouillet ville famille ») et qui ne compte pas moins de 16 écoles maternelles et primaires, ont été relâchés plusieurs pédocriminels (parfois récidivistes) une fois leur peine de prison purgée. Bien que sous contrôle judiciaire, ceux-ci, dans le cadre de leur réinsertion sociale, travaillent et vivent à proximité de tous ces enfants qui n’osent pas sortir dans les rues ou sur les aires de jeux désormais à l’abandon, parce que leurs parents, parfaitement au courant de la situation, craignent à juste titre pour leur sécurité.

Mais que fout un putain de pédocriminel en liberté ? Quelques années de prison, écourtées pour bonne conduite qui plus est, peuvent-elles racheter la destruction de l’innocence d’un gamin ?

Donc non seulement on utilise les pédophiles pour justifier les pires dérives liberticides, mais des pédocriminels avérés croisent nos enfants tous les jours en allant bosser ou faire leurs courses. Cherchez l’erreur.

Une France totalitaire qui utilise des boucs émissaires pour détourner de sa cible originelle la vindicte publique et pour justifier des actes anticonstitutionnels destinés à contrôler le peuple français alors que les vrais criminels agissent en toute impunité… C’est marrant ça me rappelle quelque chose.

 

 

Hitler Loppsi
Politiciens travaillant sur le projet de loi Loppsi

 

Godwin was right.

L’histoire nous a maints fois prouvé que la xénophobie conduisait aux pires dérives : esclavagisme, guerre, génocide, nazisme, homophobie, islamophobie, etc. Aujourd’hui pédophobie ? Nous ne pouvons nous permettre de reproduire les même erreurs. Et ceci pour le bien de l’humanité.

Dans la France dont je rêve, les pédophiles seraient écoutés plutôt que condamnés et paraderaient fièrement tous les ans lors de la pedo-pride. Des associations de défense des droits des minorités sexuelles comme Les amis de toutes les minorités sexuelles n’auraient plus raison d’être et la pédophilie ne serait plus considérée comme une perversion ou une maladie mentale. Dans la France dont je rêve, tous les pédocriminels seraient en taule sans le moindre espoir d’en sortir un jour vivant. La France dont je rêve est un pays libre et juste.

 

Je ne milite pas pour la pédophilie ; je me bat juste pour la Liberté. Et ce combat n’en est qu’un parmi tant d’autres.

Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n’est pas un gouffre moins amer.

Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l’embrasses des yeux et des bras, et ton cœur
Se distrait quelques fois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.

Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n’a sondé le fond de tes abîmes ;
Ô mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !

Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remord,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
Ô lutteurs éternels, ô frères implacables !

Charles Baudelaire
L’homme et la mer

Creative CommonsLe droit d’auteur reconnaît à un artiste la paternité de son œuvre et lui en assure l’intégrité ainsi que l’exclusivité de son exploitation commerciale pour une durée variable au terme de laquelle celle-ci entre dans le domaine public.

STOP !

Mais où est le problème ? Pourquoi donc se bat-on actuellement à grand renfort de lois inapplicables et d’actions cyber-terroristes ? Cette définition du sujet me semble parfaite. Ah oui mais non. J’oubliais le facteur pognon. Je m’explique.

L’accès à la culture devrait être un droit et non le privilège de ceux qui en ont les moyens. Cependant il est normal pour un artiste d’être payé pour son travail comme tout un chacun. Le piratage d’œuvres d’art, sous quelque forme que ce soit, nuit donc théoriquement à la création, et par extension, à notre héritage culturel futur.

Malheureusement, certains ont vu dans le principe du droit d’auteur un moyen de gagner beaucoup d’argent sur le dos, et des artiste, et des consommateurs. Aujourd’hui par exemple, si je veux acheter un album de Serge Gainsbourg — grand homme s’il en est — sur une plate-forme de téléchargement légal… Bordel à culs ! Cherchez l’erreur !

Cela fait 20 ans que Gainsbourg est mort et enterré. Et si je suis parfaitement d’accord avec le fait de rémunérer un artiste de son vivant pour qu’il puisse vivre de son art et continuer à créer, je refuse d’engraisser sans mot dire ses héritiers et les majors qui régissent le monde de la musique. Et quand bien même je souhaiterais acheter un disque dudit chanteur, je n’accepterais de payer que la fabrication et l’impression du support. Quoi de plus logique ? Mais non, la loi française est ainsi faite que 70 ans après la mort d’un artiste ses œuvres sont encore la propriété des producteurs, maisons de disques et autres sangsues sans vergogne qui tentent inlassablement encore et toujours de prolonger ce droit qu’ils s’octroient par de viles et discrètes actions en justice.

Ce système est le vestige d’une époque révolue et n’a jamais évolué pour s’adapter au monde actuel qui lui est moins profitable. Avant l’avènement d’Internet les éditeurs d’un artiste profitaient de ses droits post-mortem pour, soit-disant, rentabiliser leur investissement dans la création. Il est inutile d’ajouter que si cette dernière avait auparavant connu un franc succès, étant donné le pourcentage incroyablement élevé déjà prélevé sur les œuvres et leurs produits dérivés, ces droits perçus pendant 70 ans n’étaient que pur bénéfice. Aujourd’hui, grâce au réseau étendu qu’est la Toile, l’information circule différemment et l’influence des maisons de production se voit de jour en jour diminuée. Ces principes désuets n’ont plus leur place ici-bas. Lorsque j’achète un morceau de musique en ligne fait par un artiste encore vivant, je souhaite reverser l’intégralité de la somme que je débourse à celui qui en est à l’origine ; je considère ne rien devoir aux profiteurs qui ne font qu’héberger le titre en question et préfère ainsi garder mon argent pour assister aux concerts des chanteurs et musiciens que j’apprécie.

L’industrie du cinéma, elle, n’est pas en reste. La simple diffusion d’un film en salle, dont le prix des places est scandaleusement élevé et ne cesse d’augmenter, suffit à assurer aux propriétaires des droits d’une œuvre cinématographique d’énormes bénéfices par rapport à son coût initial. À moins bien sûr que le film en question ne soit qu’un blockbuster navrant et que l’on soit obligé d’en imprimer précipitamment le DVD pour ne pas rester déficitaire (non j’ai pas dit Avatar). Bref. Mais alors que l’achat d’un billet de théâtre ou de concert donne le droit à la représentation en direct d’une performance artistique, celui de cinéma ne permet d’assister qu’à la rediffusion de cette œuvre, aussi grand soit l’écran, perfectionné soit le système de son et peu coupées à l’eau soient les boissons gazeuses. Ce qui devrait, en théorie, en amoindrir la valeur. Sachant également qu’il suffit d’attendre la sortie d’un film en DVD pour avoir le loisir de le visionner à loisir (et sans irrespectueux cinéphiles à ses côtés) pour un prix quasiment identique sachant que celui des places en salle augmentera bientôt suite au passage du système de projection de la pellicule au numérique « parce que la diffusion coûtera ainsi moins cher. » Hein ? Le fait de payer son entrée en salle devrait, aussi bien pour le cinéma que pour le théâtre et les concerts, donne le droit de posséder légalement cette œuvre sur quelque support que ce soit sans avoir à débourser le moindre supplément.

Il en est de même pour la télévision et la radio. Les chaînes et stations payent les ayant-droit pour diffuser séries, films, documentaires, musiques et spectacles. Et nous payons ces chaînes par le biais de la redevance audiovisuelle pour avoir le droit de profiter de leur contenu. Les opérateurs privés de radiodiffusion et télévision font, eux, d’assez conséquents bénéfices grâce à la publicité, de plus en plus présente et imposée, et ces numéros surtaxés que des millions d’abrutis appellent pour que Tatiana, la sulfureuse blonde peinturlurée comme une voiture volée achève avec une hache (tapez 1), une tronçonneuse (tapez 2) ou en lisant Da Vinci Code (tapez 3) Jérémy, le faux gay avec tellement de plumes dans le cul qu’il ferait mouiller une paonne ménopausée, dans Killer Story Academy.

L’ordinateur est le nouveau magnétoscope : je considère que la redevance que je paye m’autorise à télécharger gratuitement et légalement le dernier épisode de la rediffusion de la première saison de Pokémon sur Gulli que j’ai raté parce que je travaillais plus pour gagner plus, celui où Pikachu met sa race à la Team Rocket. Idem pour le dernier tube de Lady GaGa diffusé sur Nostalgie ou la saison 38 des Experts : Pont-de-Buis-les-Quimerc’h.

Et qu’en est-il des œuvres littéraires ? Les ventes en librairie et les droits d’adaptation télévisuels ne suffisent-ils pas à faire vivre leurs auteurs ? Amoureux moi-même de la lecture depuis mon plus jeune âge, je dépense une grande partie de mes revenus dans l’achat de livres pour avoir le plaisir de les tenir entre mes mains, les corner, les salir et les annoter, les prêter et celui de les contempler faisant plier mes bibliothèques sous leur poids. Le monde de l’édition est tout aussi pervers que les autres industries artistiques. Certains auteurs ne touchent pas le moindre centime sur leurs ventes. Et quant aux autres… J. K. Rowling a-t’elle vraiment besoin d’être plus riche que la reine d’Angleterre ? Il serait formidable que tous ces jeunes de la nouvelle génération, de ma génération, aient accès à la lecture de manière plus aisée plongés dans laquelle ils passeraient peut-être un peu plus de temps au lieu de s’abrutir devant MTV ou une console de jeux vidéos. Quitte à lire le dernier Twilight. Ce n’est pas encore Appolinaire, mais c’est toujours mieux que rien. Mieux vaut être un pirate cultivé qu’un honnête citoyen con comme un balai (pléonasme ?).

Concernant la peinture, la sculpture et l’art en général, il est heureux de constater que l’accès aux musées nationaux est gratuit pour les moins de 26 ans, mais ce n’est pas assez. En effet, que diriez-vous si l’on vous faisait payer l’accès au Monoprix du quartier quand bien même vous n’y achèteriez rien ? Et bien c’est exactement la même chose. À l’instar du fait que je sois immensément heureux de savoir que le dernier Alfred Musso est enfin disponible au rayon librairie de mon supermarché préféré sans toutefois avoir la moindre intention de dépenser un seul euro pour lire de pareilles conneries (Facebook est là pour ça), je souhaite pouvoir errer librement dans une galerie d’art pour me demander à loisir pourquoi tel artiste contemporain n’est pas encore sous sédatif dans un asile de haute sécurité, ou revoir avec plaisir, et autant que je le souhaite, les œuvres classiques de grands peintres ou photographes. Si j’en avais les moyens, cela ferait belle lurette que Le cri de Munch ornerait le mur de ma salle de bain en lieu et place du miroir qui surplombe mon lavabo. Mais jusqu’à ce que vienne ce jour béni, je revendique un libre accès à la culture sous toutes ses formes. Quoi de plus normal ?

Et parce que le téléchargement illégal n’a pas que des mauvais côtés, c’est grâce au piratage que survivent encore des œuvres magnifiques, ignoblement censurées par notre bon gouvernement ou les éditeurs qui refusent de les diffuser, telles que The Man from Earth de Jerome Bixby, Le nécrophile, moyen-métrage de Phillipe Bassarat (article à venir) ou encore Maladolescenza (on verra pour celui-là), diffusé sur Arté malgré l’interdiction le concernant pour son immoralité, très controversé mais non moins intéressant d’un point de vue psychologique. En 2010, l’album Recovery du rappeur Eminem est disponible en téléchargement illégal plus de deux semaines avant sa sortie officielle. Cela ne l’empêche pas de réaliser la meilleure vente de disques en une semaine depuis 2008 avec 1 100 000 exemplaires écoulés dans le monde entier. Il a aujourd’hui dépassé les 7 millions d’albums vendus. Une récente étude japonaise prouve même que le piratage des dessins animés (mangas) favorise la vente physique de DVD. Faut arrêter alors de nous prendre pour des cons à nous sortir d’on ne sait où des chiffres comme quoi les industries du disque et du cinéma ont perdu des milliards de dollars l’année passée la faute aux vilains méchants internautes.

Et à côté de ça des sociétés privées s’en foutent plein les fouilles grâce à la Hadopi et dérivés qui poussent l’internaute lambda vers des plate-forme de téléchargement payantes, mais sécurisées, et l’utilisation de VPN, ou encore les sites de streaming contre lesquelles on ne peut légalement et techniquement rien faire. Le téléchargement illégal n’est pas du vol, contrairement à ce qu’affirment nombre de politiques et ayants-droit, c’est de la copie. Le vol est par définition une soustraction, alors que la copie est une addition. Cela ne doit pas justifier toutes les dérives, mais au contraire encourager les personnes concernées par ce problème à trouver une solution adaptée à l’ère numérique que nous vivons. D’autant plus qu’un gamin qui pique un CD dans un supermarché risque tout au plus de se faire réprimander par un agent de sécurité qui le menacera d’appeler ses parents en cas de récidive, alors qu’un pirate s’expose à de très fortes amendes, la coupure de sa connexion Internet et une peine de prison ferme.

Concernant le téléchargement, légal celui-ci, en 1995 si je ne m’abuse, Stephen King utilise Internet pour diffuser gratuitement sa nouvelle Un tour sur le bolid’ qui sera par la suite publiée en 2001 dans le recueil Tout est fatal (mon premier download avec ma toute nouvelle connexion Internet). L’initiative est un succès immédiat en termes de téléchargements et de ventes de livres. Cette opération, orchestrée uniquement à des fins publicitaires, est pourtant l’application d’une philosophie apparue peu de temps auparavant sur le Réseau. En 2008, le créateur du projet Nine Inch Nails sort son album Ghosts I-IV. Malgré le fait qu’il soit diffusé sur Internet sous la licence Creative Commons BY-NC-SA, donc gratuitement, les ventes d’Amazon pour ce disque explosent et battent tous les records. En 2009, Marc Cerrone, flatté d’être piraté et anti-Hadopi notoire, propose son dernier opus Cerrone by Jamie Lewis en téléchargement gratuit. Il en résulte 50 000 téléchargements et 120 000 ventes. Pourquoi ? Parce que les gens ont voulu encourager l’initiative. Parce que beaucoup ont téléchargé pour découvrir et ayant aimé, décident de récompenser l’artiste pour son travail. C’est la preuve que les valeurs du partage et de la Liberté ne sont pas à sens unique et sont un moyen de gestion de la culture adapté à notre époque.

Aujourd’hui, nombre de créateurs publient gratuitement des œuvres sur la Toile (bédés, écrits, musique, etc.) et cela ne les empêche pas de vivre de leur art ou d’arrondir leurs fins de mois (selon leur popularité) en vendant à côté livres et disques. Quelques rares éditeurs comme InLibroVeritas proposent même aux écrivains la diffusion libre et gratuite de leurs ouvrages sachant que la vente physique se suffit financièrement à elle-même. C’est aussi un moyen pour les artistes dont les créations se sont vu refusées par les éditeurs et producteurs d’avoir à leur disposition un support de diffusion et de se faire connaître du public. Je vous recommande soit dit en passant Fatal de Michaël Youn qui, qu’on aime le personnage ou pas, est une formidable critique du monde pourri de la jet set et de l’industrie du spectacle.

Et parce que j’ai la prétention d’être un révolutionnaire, et non un simple contestataire, voici la solution (ma solution) au problème que pose le droit d’auteur en France sans avoir recours à des absurdités comme la Hadopi qui englouti les millions du contribuable pour une efficacité, somme toute, très relative :

  • une œuvre tombe dans le domaine public immédiatement suite au décès de son créateur
  • créer une autorité ou une association à but non lucratif chargée de faire le lien entre les artistes et les éditeurs, ceux-ci se partageant les revenus entre le droit d’auteur et le coût de fabrication du support, sans passer par l’intermédiaire des majors
  • voir un film au cinéma, assister à un spectacle ou acheter un livre donne le droit d’en télécharger la version numérique gratuitement et légalement
  • payer la redevance audiovisuelle donne le droit de télécharger gratuitement et légalement tout ce qui est diffusé par les opérateurs de radiodiffusion et télédiffusion
  • l’accès aux musées nationaux est gratuit pour tous
  • le partage de ces œuvres, soumis aux conditions précédentes, est parfaitement légal
  • l’utilisation d’œuvres numériques, acquises légalement, à des fins commerciales, si elles ne sont pas tombées dans le domaine public, est strictement interdit et sévèrement puni par la loi

Bien peu de choses en vérité, mais tant pour la préservation de notre patrimoine culturel.

Je conclurais cet article sur cette récente citation du réalisateur Francis Ford Coppola qui prône la création pour l’amour de l’art :

« Vous devez vous rappeler que ça ne fait que quelques centaines d’années que les artistes travaillent avec de l’argent. Les artistes n’ont jamais eu d’argent. Les artistes avaient un patron, soit le chef de l’État, le duc de Weimar ou encore l’église et le pape. Ou alors, les artistes avaient un autre emploi. J’ai un autre emploi. Je fais des films. Personne ne me dit quoi faire. Mais je fais de l’argent dans l’industrie du vin. L’idée que Metallica ou n’importe quel chanteur de rock & roll puisse devenir riche ne devrait pas nécessairement se produire à nouveau. Parce que nous entrons dans un nouvel âge, l’art sera peut-être gratuit. Peut-être que les étudiants ont raison. Ils devraient être en mesure de télécharger de la musique et des films. Je vais sans doute être fusillé pour avoir dit cela. Mais qui a dit que l’art devait coûter de l’argent ? Et surtout, qui a dit que les artistes devaient faire de l’argent ? »

Logo NehorynSi je devais faire un classement des cinq artistes et groupes de musique que je préfère, sans nul doute que Nehoryn en ferait partie. Je vous épargnerais cependant la liste des quatre autres de peur de faire perdre toute crédibilité à celui que je veux vous faire découvrir.

J’écoute Nehoryn le matin pour avoir la pêche et le soir pour travailler, mais pas le midi pour digérer parce que Nehoryn ça ne me fait pas chier. J’écoute Nehoryn pour écrire mes articles (n’allez pas croire que leur qualité dépend de celle des musiques que j’écoute ; Nehoryn c’est vraiment cool), quand je nique, quand je danse ou quand je travaille. Depuis maintenant cinq ou six ans que j’ai découvert cet artiste, dont le projet musical avait alors pour nom Elkysia, sur la plate-forme de téléchargement gratuit Jamendo, je ne m’en suis toujours pas lassé et j’en redemande.

Nehoryn c’est peut-être du trip-truc ou de la hard-chose, je n’en sais rien, n’en déplaise aux amoureux de la contre-culture qui aiment à cataloguer les différents genres de musique électronique pour se différencier de la masse commerciale (qui a dit David Guetta ? vous faites chier avec David Guetta les gars, il ne vous a rien fait le pauvre). Pour moi Nehoryn c’est juste un son exceptionnel. Un style unique, des performances musicales inégalées et inégalables, une recherche constante de la perfection, un mélange des cultures et un pur delirium acoustique.

Bannière Nehoryn

Mais Nehoryn c’est aussi toute une philosophie. Cet auteur-compositeur breton de 29 ans est un fervent défenseur des valeurs de la Liberté et du partage de la culture ; l’ensemble de son œuvre est sous licence Creative Commons BY-NC-ND 2.0. Quelques années auparavant il tentait même de créer une alternative à la Sacem dans le but de promouvoir la musique libre et ses artistes, initiative formidable qui n’a malheureusement jamais vu le jour, mais réalisée plus tard par Jamendo qui concurrence ainsi la Sacem grâce à la licence CC Plus. Enfin merde messieurs-dames les jurés, Nehoryn est coupable de crime contre le capitalisme, mais son avocat vous en convaincra mieux que moi.

Et mieux encore que lui vous en convaincront ces morceaux que j’ai eu un mal fou à choisir tant ils sont tous trop bons (cliquez pour écouter, nécessite un plugin Flash).

Victoria
Sabbath
T.A.Z. (Feat. MaryPoppinS)

Et tant d’autres que vous pouvez écouter et télécharger gratuitement sur le site officiel de Nehoryn. Si vous aimez et que vous le pouvez, faites-un don à l’artiste.

Drapeau islandaisDepuis 2009 une révolution est en marche en Islande. Une révolution qui semble enfin aboutir après plus d’un an de manifestations et actions citoyennes et dont je n’avais pas entendu parler jusqu’à hier. Et pour cause : les médias francophones sont restés muets sur l’affaire durant tout ce temps.

Censure volontaire ? Incompétence des médias ? Dans les deux cas l’affaire est inquiétante. Que peut-il bien se passer en Islande pour que certains tiennent à ce que nous n’en sachions rien ?

L’Islande, pays capitaliste par excellence, a été très durement mis à mal par la crise financière de ce début de siècle. Le PIB a chuté d’une manière spectaculaire jamais vue en Europe entraînant une dévaluation de la couronne Islandaise de 50 % par rapport au dollar. Trois grandes banques du pays, gelées dans plusieurs pays du nord, ont fait faillite suite à l’irresponsabilité de leurs dirigeants capitalistes. Le pays survit grâce à l’injection — fort faible — de 2,1 milliards de dollars de la part du FMI.

En février 2009 le premier ministre de droite est renversé par la population islandaise qui manifeste bruyamment à grands coups de casseroles et autres ustensiles de cuisine entrechoqués. Un gouvernement de gauche est constitué, sans le moindre résultat notable. La gauche est renversée elle aussi pour avoir mené une politique de droite. L’ancien « Eldorado de l’Arctique » n’est plus.

L’Islande en a marre et impose un référendum au gouvernement pour ne pas avoir à rembourser les banques qui l’ont plongé dans cette merde noire. Une victoire à 93 % contre le-dit remboursement ! Si ça ce n’est pas la voix du peuple. Les banques sont alors nationalisées pour sauver l’économie du pays.

En novembre dernier les Islandais en colères sont à l’origine de l’élection, accessible à tous, d’une Assemblée constituante démocratique de 25 personnes issues de la plèbe, chargée de réviser la constitution Islandaise d’une manière anti-capitaliste. L’adhérence du pays à l’Union européenne est aussi remise en question pour des raisons de stabilité financière.

Une révolution pacifique démocratique anti-capitaliste. Voilà ce qui effraie nos politiques. Affligeant n’est-ce pas ?

La démocratie et le bien-être d’un peuple sont-ils si dérangeants pour notre gouvernement ? L’Islande risquerait-elle de devenir un modèle pour les Français et de nous ouvrir les yeux sur notre réelle condition ? Imaginez une France sans corruption (Ben Ali est un petit joueur à côté de Nicolas Sarkozy) où les hommes seraient libres. Un président et des ministres qui n’auraient pas accédé à ces fonctions pour s’en foutre plein les poches mais pour le bien général de la population. Un pays riche et grand qui serait le nôtre.

C’est ce qu’ils ne veulent pas que vous imaginiez.

 

Sources

Le Figaro (2009, rappel des faits)
Le Post
Média Libre Europe
Le Geektionnerd
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