Pour le mono-maniaque que je suis, écrire correctement français est primordial sous peine de souffrir d’insomnies chroniques. Orthographe, grammaire, conjugaison, typographie, et vocabulaire en général, sont des domaines dans lesquels je tente de me perfectionner sans cesse. Quel plaisir qu’est celui de parcourir un texte propre, sans fautes, correctement rédigé et respectant les règles de l’écriture française ! Un plaisir que je m’efforce de vous faire partager en révisant régulièrement les règles qui régissent notre belle langue et la façon de l’écrire.

En attendant que je pousse plus loin mes études en conjugaison, un domaine que je maîtrise bien mal à mon plus grand désespoir, voici une liste non-exhaustive des codes typographiques français qui font régulièrement l’objet d’erreurs de la part de nos auteurs, aussi bien en littérature que sur la Toile.

 

Atelier de typographie au XVIe siècle

Atelier de typographie au XVIe siècle

 

LES MAJUSCULES ACCENTUÉES

Quoi que vous ayez pu apprendre par le passé, la règle mettant fin au débat est la suivante : les lettres capitales doivent être accentuées dans la mesure du possible.

Lors de la rédaction d’un texte manuscrit il est obligatoire et simple de mettre des accents sur les majuscules. Ce qui n’est pas toujours le cas avec un ordinateur. La plupart des OS (système d’exploitation) libres GNU/Linux, conçus selon une éthique rigoureuse du respect de très nombreuses règles diverses et variées, permettent un accès facile aux capitales accentuées grâce à la touche Majuscule ou Verrouillage Majuscule (selon les paramétrages), ce qui est aussi le cas sous les systèmes MacOS pour certaines (mais pas toutes dans mes souvenirs) de ces majuscules. Il est en revanche plus compliqué sous un OS Windows de respecter cette règle de la typographie française. Il faut pour cela maintenir la touche Alt enfoncée tout en composant une combinaison de chiffres dont vous pouvez trouver une liste très complète à cette adresse.

Et ceci n’est en rien une manière déguisée de vous pousser à découvrir les OS GNU/Linux. :D

LES CITATIONS, ŒUVRES ET AUTEURS

La forme adoptée pour les citations est de les placer entre guillemets français ou chevrons « ». Les guillemets anglais “ ” ne sont officiellement utilisés que pour introduire une seconde citation dans la première ainsi que : « Comme l’a dit le philosophe : “Il en faut peu pour être heureux” ». Si la citation est une phrase entière elle sera précédée de deux points et finie par un point placé à l’intérieur ou à l’extérieur des chevrons, dans le cas contraire elle ne se distinguera du reste du texte que par les guillemets. Pensez à indiquer qu’une citation a été tronquée en utilisant etc. ou coupée avec []. Les locutions latines, ou mots et phrases en langue étrangère se doivent d’être mis en italique.

Le nom d’une œuvre (film, livre, tableau, etc.) s’écrit en italique dans le texte. Les titres d’un chapitre ou de l’article d’une revue se mettent entre guillemets. Et les noms et prénoms d’un auteur quant à eux, lorsqu’ils font l’objet d’une citation à part ou dans une liste bibliographique, s’écrivent en petites capitales pour les premiers et en minuscules pour les seconds avec une première lettre capitale pour les deux bien entendu. En cas d’abréviation du prénom les points sont impératifs. Ainsi Jean-Paul Sartre s’écrira J.-P. Sartre ou Jean-Paul Sartre.

LES ABRÉVIATIONS

La règle de base des abréviations est que si la dernière lettre du mot abrégé en est omise, alors celle-ci doit être terminée par un point.

On écrira alors Bd pour boulevard et Av. pour avenue. L’usage ancien des abréviations veut que celles-ci, si elles ne se terminent pas par un point, soient écrites avec les dernières lettres en supérieur. Mais l’arrivée des machines à écrire puis de l’informatique, et du texte brut, rendit désormais tout aussi acceptable de typographier les abréviations ainsi que Dr pour docteur ou Bd, le tout étant de faire un choix et de s´y tenir. Vieille France sur les bords, le mien fut vite fait. Il est aussi utile de savoir que le point et les points de suspension se confondent avec le point abréviatif, mais que celui-ci peut être suivit d’une virgule, d’un point d’exclamation ou de tout autre signe de ponctuation. Concernant l’accord au pluriel des abréviations, il n’est accepté que pour celles n’ayant pas été retranchées de leurs lettres finales, dans le cas contraire le pluriel est implicite. Il est alors juste d’écrire Mmes pour mesdames, mais pas ps. pour pages dont l’abréviation correcte sera p., comme au singulier.

Exemples d’erreurs fréquemment commises :

Monsieur : M. — et non Mr ou Mr., Mr étant l’abréviation anglaise de mister
Messieurs : MM. — cette manière de doubler la lettre pour indiquer le pluriel n’est accepté que dans ce cas, pp. pour pages, bien qu’usité, n’est pas plus correct que ps.
Et cætera : etc. — etc. n’est jamais répété ni suivi de points de suspension, les deux ayant le même sens
Mademoiselle : Mlle — et non Melle
Première : 1re — et non 1ère
Deuxième : 2e — et non 2ème etc. ( et signifient primo et secundo, le ° étant un petit o et non un zéro)
Vingtième siècle : XXe siècle — et non XXème, 20ème ou 20e siècle

L’APOSTROPHE ET LES CADRATINS

Il convient d’utiliser en français l’apostrophe française « ’ » qui est, contrairement à l’anglaise « ‘ », courbe.

Le tiret long utilisé en littérature au début des dialogues, et de manière assez désuète, à la place des parenthèses, est un cadratin « — ». Il est incorrect d’user à sa place du tiret « – », ou demi-cadratin. Au cas où le texte entre cadratins seraient en fin de phrase, celle-ci se termine uniquement par un point, sans second cadratin. Ce dernier peut être obtenu de manière assez simple sous les systèmes GNU/Linux grâce à la touche compose ou certaines configurations de clavier.

LES SIGLES ET ACRONYMES

Il est aujourd’hui recommandé d’écrire les sigles sans point à la fin de chaque lettre ou ensemble de lettres abrégeant un mot. ONU donc, et non O.N.U., pour désigner l’Organisation des Nations Unies. À partir de quatre lettres, les acronymes se prononçant sans s´épeler peuvent s’écrire comme un nom propre avec une capitale en début de mot, tel que Unesco. Les autres se typographient entièrement en lettres majuscules comme SNCF.

Afin de faciliter la compréhension des sigles et acronymes dans un texte, il est recommandé de les écrire en entier suivit de leur abréviation entre parenthèses lors de leur première apparition avant de les ré-utiliser seuls par la suite. Si l’acronyme est dans une langue étrangère, il est laissé à l’auteur le choix d´en donner l’équivalent français, ou le sens original suivit de sa traduction. On pourra donc écrire Liquid Crystal Display (LCD) ou écran à cristaux liquides (LCD), puis utiliser le sigle LCD seul dans le reste du texte.

LES TITRES

En français, un titre se typographie exactement de la même manière qu’une phrase, mais sans point à la fin. On écrira donc Des pingouins mangent de la pizza en Antarctique avec une capitale au début de la phrase et de chaque nom propre, et non Des Pingouin Mangent de la Pizza en Antarctique, habitude qui nous vient des codes anglophones, lesquels donneraient Razorbills Eat Pizza in Antarctica en mettant en majuscule la première lettre de chaque mot important.

LA PONCTUATION

Le point et la virgule sont suivis d’une espace large.
Le point d’interrogation et le point d’exclamation sont tous les deux précédés d’une espace fine insécable et suivis d’une espace large.
Les deux points sont précédés par une espace large insécable et suivis d’une espace large.
Le point-virgule est précédés d’une espace fine insécable et suivi d’une espace large.
Les guillemets français sont séparés du texte qu’ils entourent par des espaces larges insécables, les guillemets anglais se distinguent en cela qu’ils sont, à l’instar des parenthèses, collés aux mots.

Ces règles ne sont valables que pour l’informatique et l’imprimerie. Lors d’une rédaction manuscrite il convient simplement par exemple de savoir ne pas placer un point d’interrogation en début de ligne.

La plupart de ces règles ont été conçues pour une meilleure lisibilité des textes et ainsi améliorer le confort des lecteurs. D’autres sont de simples conventions établies pour standardiser l’écriture en français. Mais dans les deux cas, tenir compte de ces codes est une marque de respect de la part d’un auteur et une preuve de la qualité de son expression, tout comme l’est un discours au vocabulaire riche et aux tournures de phrases soutenues. Il peut paraître fastidieux de se soumettre à ces conventions, mais ce ne sont que des automatismes à ré-apprendre, pour votre plus grand plaisir et celui de ceux qui vous lisent.

 

Bibliographie

Lexique des règles typographiques en usage à l’Imprimerie nationale

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